Chez les Pécresse aussi, on aime bien Bolloré
Par Olivier Carer
L’indécent épisode du Fouquet’s le soir de l’élection aura mis en lumière l’attirance de la nouvelle présidence pour le show-biz et les milieux d’affaires. Le voyage privé en Egypte de Nicolas Sarkozy à bord d’un jet appartenant au financier Bolloré au bras de la chanteuse Carla Bruni, aura permis au Chef de l’Etat, avec un inutile sens de la provocation, de confirmer ce double tropisme. La fonction présidentielle s’en serait bien passée.
Bolloré : un voyagiste bénévole
A chaque période de vacances, il est désormais habituel de voir revenir dans l’actualité pipolitique le nom de « Bolloré » attaché aux bateaux et aux avions gracieusement prêtés au Président de la République. On savait ce conglomérat industriel et financier, présent dans de nombreux secteurs technologiques et géographiques, peu réputé pour son philanthropisme. Depuis mai 2007, on le découvre agent de voyages bénévole.
La Bolloremania : une affaire de famille
La presse comme l’opposition s’interroge à juste titre sur ces liens particuliers entre le chef de l’Etat et cet empire financier dont au moins l’une des filiales travaille avec des licences de communication Wimax accordées par les pouvoirs publics. Et chacun y va, à juste titre, de son avertissement sur les inévitables risques de conflit d’intérêts.
Ce que personne ne relève, c’est une autre coïncidence. Savez-vous que le directeur de « Bolloré Télécom » n’est autre que M. Dominique Roux, le propre père de la ministre Chiraco-Sarkozyste, Valérie Pécresse. Pas besoin de tests Adn, pour constater que l’on passe des « relations amicales » à des liens de consanguinité.
M. Roux : entre le service de l’Etat et le service de Bolloré
Pour la petite histoire, rappelons que M .Roux a été membre de l’ « Autorité de Régulation de Télécommunication » de 1997 à 2005 devenue aujourd’hui l’Arcet. C’est à cet organisme composé de sept personnalités nommées par le chef de l’Etat, le président de l’Assemblée nationale et du Sénat qu’il est revenu le pouvoir d’accorder à Bolloré Télécom des licences WIMAX pour 12 régions françaises dans le cadre d’un appel d’offre lancé le 6 août 2005.
C’est en janvier 2007 c’est-à-dire en plein lancement de la machine de campagne Sarkozy et sans abandonner certaines fonctions de représentation de l’Etat -comme administrateur de RFO par exemple- que M. Roux fut propulsé à la tête de Bolloré Télécom.
Bien évidemment, ces coïncidences à répétition n’autorisent pas à porter la moindre accusation contre les uns ou les autres ni d’engager des procès d’intention vraisemblablement injustifiés. Mais force est de constater que lorsqu’un groupe financier voit converger vers lui, en un même mouvement, le microcosme administratif et politique, le mélange des genres est finalement assez éloigné de l’Etat irréprochable que nous promettait le candidat Sarkozy.