Radiologie: le Dr Alsaïd interdit d'exercer trois ans dont un ferme
AMIENS (AFP) — Le radiologue Farid Alsaïd, suspendu pour dysfonctionnements graves dans ses cabinets du Nord et de l'Aisne, s'est vu interdire d'exercer la médecine pendant trois ans, dont deux ans avec sursis, mercredi par l'ordre régional des médecins de Picardie à Amiens.
Lors de sa comparution publique le matin devant la chambre disciplinaire de première instance de cet ordre, le médecin, âgé de 52 ans, a reconnu avoir fait appel à du "personnel non qualifié" dans ses cinq cabinets, tout en répétant n'avoir "jamais mis la vie des patients en danger".
"Je trouve ce jugement injustifié. Dans ce dossier, il n'y a rien à part le personnel non qualifié", a-t-il déclaré, en ajoutant qu'il allait faire appel. Son interdiction d'exercer prend effet à compter du 15 février.
Le radiologue, gérant belge et syrien de la société "Centre d'imagerie médicale" regroupant les cinq cabinets en cause -fermés depuis fin décembre-, avait été suspendu cinq mois début décembre par le préfet de l'Aisne après une enquête des Ddass (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) du Nord et de l'Aisne, en décembre 2007, qui avait constaté des dysfonctionnements.
Il avait été notamment relevé "une absence de protocole de désinfection" sur les sondes utilisées pour les échographies endovaginales de datation de grossesse, au cours desquelles du matériel réutilisable est introduit dans le vagin. L'aménagement de certains locaux était aussi non conforme à la réglementation.
Les inspections avaient été diligentées après le signalement par des employés des cabinets d'écarts de pratique.
Le ministère de la Santé avait indiqué fin janvier qu'il allait vérifier les cas de 6.791 patients des cinq cabinets (Wattignies, Anzin, Hautmont, Fourmies dans le Nord et Hirson dans l'Aisne).
"Aucune pièce ne démontre le risque infectieux", a plaidé devant l'instance disciplinaire l'un des avocats du radiologue, Me Vincent Demory. Si ce risque était avéré, "ce serait dans le dossier", a-t-il ajouté.
Le directeur de la Ddass de l'Aisne, Jean-Jacques Coiplet, a reconnu que ce risque infectieux était "en cours d'expertise".
L'autre avocat du médecin, Me Gérard Courtin, a lui dénoncé "les témoignages" des employés de centres "à prendre avec circonspection", en évoquant notamment "une cabale" qui serait partie de certains centres.
Pour le radiologue, "la Ddass s'est basée sur du ouï-dire". Au sujet de l'emploi de personnels non qualifiés, il a affirmé qu'il s'agissait d'une "pratique courante". Selon lui, si les secrétaires de ses cabinets ont remplacé des manipulateurs radio, c'est à cause du "manque" de personnel formé.
Tout en reconnaissant "des manquements", Me Demory avait évoqué "une mort économique, professionnelle et sociale" si le médecin était durement sanctionné.
"C'est une décision prise sous la pression médiatique et sous la pression étatisée", a estimé le radiologue en faisant allusion aux déclarations le 23 janvier de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot qui avait dénoncé une affaire "crapuleuse", en ajoutant: "Nous ferons tout pour que les sanctions les plus sévères soient prises