Toulouse. Plus d'un millier de voitures incendiées
L'inquiétante flambée. Depuis le début de l'année, 1122 voitures ont brûlé à Toulouse et en proche banlieue. Soit une hausse de 58 % par rapport à l'année dernière à la même époque. Si l'on ajoute à ce chiffre déjà éloquent, les voitures incendiées par propagation, ce sont 1490 véhicules au total qui ont fini en cendres depuis le 1er janvier 2007 (1). Un chiffre record. L'année 2006 s'était déjà achevée sur un bien triste bilan de 1560 voitures en feu (propagation comprise.) Au rythme moyen de 125 voitures brûlées par mois, l'année 2007 devrait atteindre de nouvelle cimes jamais égalées même en pleine période d'émeutes. Depuis le début de la semaine, les cités de Bagatelle et Bellefontaine à Toulouse cristallisent à elles seules cet inquiétant phénomène qui n'a jamais réellement cessé à Toulouse. Pourquoi ? Même si le fléau s'étend jusqu'au centre-ville, les cités toulousaines demeurent les principaux théâtres de ces autodafés. « Pas étonnant », répond un observateur des cités. « Ça brûle dans les quartiers où le taux de chômage atteint 40 % ! » Depuis plusieurs jours, la rue du Lot en plein chantier avec sa configuration aux faux airs de « no man's land », s'est abonnée aux rodéos de voitures et de motos. Lorsque les fauteurs de trouble renversent les véhicules sur le toit, les premières flammes jaillissent en pleine nuit provoquant l'arrivée des policiers. Depuis un an environ, « des groupes d'individus se sont radicalisés échappant à tout contrôle », lance un habitant. La flambée toulousaine suit la progression nationale : 49 114 voitures brûlées en France en 2005 contre 44 075 en 2004. A Toulouse, un tiers des voitures brûlées sont des véhicules volés type Ford Fiesta, Renault Twingo ou Clio… Du cocktail-Molotov à l'allume-barbecue, les méthodes ne varient pas. En 2005, les sinistres sur des contrats vol/incendie étaient déjà en hausse de 4 %, selon la Fédération française des sociétés d'assurance. Les garages chargés de remorquer les voitures incendiées ne savent plus où entasser les carcasses. Facturé 250€, tarif de nuit, le coût de l'enlèvement d'un véhicule brûlé est toujours à la charge de l'assuré. « Mais bien souvent, la victime qui vient de perdre sa voiture n'a pas d'argent pour régler la note », assure un remorqueur.
(1) Chiffres préfecture.
Source: La Depêche du Midi