Cérémonie de parrainages de sans papiers à l'Assemblée nationale
PARIS (AFP) - Emus et un peu craintifs, une dizaine de sans papiers ont reçu mardi le parrainage de députés de gauche à l'Assemblée nationale, dont c'était le jour de rentrée, à l'initiative de Patrick Braouzec (PCF, Seine-Saint-Denis) et du Réseau éducation sans frontières (RESF).
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Venus pour la plupart avec leurs enfants, bébés ou adolescents scolarisés, et accompagnés des associatifs qui les soutiennent au quotidien, ces Chinois, Sri Lankais, Maliens... quelque peu intimidés par la solennité du lieu, ont reçu un "certificat" portant la mention de leur parrain ou marraine, élus PS ou PCF.
"S'il se passe quelque chose, vous me faites signe et on fera toutes les démarches avec vous", affirme la députée George Pau-Langevin (PS, Paris) à Aminata Diallo, venue avec sa fille de 9 mois, dont le mari a été expulsé après avoir été arrêté sur son lieu de travail sur dénonciation de son employeur.
"Je m'engage pour aider Mme Diallo à faire revenir son mari et qu'elle reste ici avec ses quatre enfants dont deux sont nés en France", assure la marraine.
"On va se battre pour toi et tes filles", promet pour sa part Michel Françaix (PS, Oise) à Nelly Kalukemba, une femme arrivée en France en octobre 2003 avec ses deux filles, Perside et Tania, scolarisées à Chambly.
A l'issue de la cérémonie, Mme Kalukemba, très émue, confie à la presse : "Je suis vraiment contente, ça me rassure".
"Vous allez rester dans ce pays", assure Bruno Le Roux (PS, Seine-Saint-Denis) à Navaratnam Anuraj, un tamoul qui, avec sa femme Manogary, ont été arrêtés et torturés au Sri Lanka. "On se bat pour ceux qui veulent rester en France pour étudier mais aussi pour ceux qui veulent rester en vie", explique-t-il tandis que M. Anuraj dit combien la démarche lui "donne confiance dans le fait d'obtenir ces papiers" de réfugiés.
M. Braouzec a souligné la "nécessité d'accompagner ces familles dans des situations très difficiles" malgré "les pressions du ministère de l'Intérieur sur les maires pour les intimer à arrêter toute manifestation de solidarité avec des familles sans papiers".
Jacqueline Fraysse (PCF, Hauts-de-Seine) a d'ailleurs lu un extrait d'une lettre de mi-septembre du préfet des Hauts-de-Seine, Pierre Bousquet de Florian, à Patrick Jarry, maire PCF de Nanterre, qui avait parrainé des sans papiers: "vous contrevenez directement à la loi concernant l'entrée et le séjour des étrangers en France et vous devenez pénalement responsable".
"Préfets ou pas, Hortefeux (ministre de l'Immigration) ou pas, les parrainages continueront", a clamé Richard Moyen de RESF tandis que Claude Bartolone (PS, Seine-Saint-Denis) a dénoncé "la tentation qui pourrait exister de camoufler l'échec d'une politique faite d'inégalités (...) par les chiffres de reconduite à la frontière".
Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l'Homme, a vilipendé le texte sur l'immigration examiné au même moment par le Sénat dont certaines dispositions sont, a-t-il dit, "une tâche pour notre pays".