Air France: les salariés pour l'arrêt des expulsions
Les élus du comité d'entreprise de la compagnie aérienne présenteront jeudi la motion qu'ils ont adoptée pour que le groupe Air France KLM cesse les expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Des expulsions qui selon eux nuisent à "l'image de la compagnie".
es représentants du personnel d'Air France réclameront jeudi lors de l'assemblée générale des actionnaires l'arrêt des expulsions des immigrés en situation irrégulière à bord des appareils de la compagnie.
Air France estime cependant qu'il ne lui appartient pas de remettre en cause des mesures "prises dans le cadre d'un État de droit", précisant que ces mesures d'expulsion "sont exécutées par le ministère de l'Intérieur sur la base de décisions administratives ou de justice". Néanmoins, le commandant de bord "peut après consultation avec l'exploitant refuser l'embarquement à tout passager dont il estime qu'il mettrait en danger la sécurité du vol ou la continuité de la mission", souligne le service de presse de la compagnie.
"Cela nuit à l'image de la compagnie"
Dans un communiqué, les syndicats (CGT, UGICT/CGT, CFDT, CFTC, Sud Aérien et Alter-Spaf) soulignent qu'une motion a été adoptée le 5 juillet par les élus du comité central d'entreprise pour réclamer l'arrêt des transports d'expulsés. "Les élus demandent aux actionnaires de se prononcer pour l'arrêt de l'utilisation des avions du groupe Air France KLM pour les expulsions d'étrangers qui nuisent à l'image de la compagnie et à la sécurité des vols", précise la motion. Les syndicats soulignent que des centaines de "reconduits aux frontières" continuent d'être expulsés depuis un an à bord d'appareils portant les couleurs de la compagnie et dénoncent la "brutalité" dont font parfois preuve les forces de l'ordre. "Les personnels de bord ainsi que nos passagers sont les témoins contraints et forcés de scènes d'une extrême violence", affirment-ils.
Une sexagénaire a été ainsi jugée au début du mois à Bobigny, près de Paris, pour avoir protesté contre les techniques employées lors de l'expulsion de deux Maliens lors du vol Paris-Bamako du 28 avril dernier. Selon les syndicats, le malaise monte parmi les personnels qui estiment qu'il n'appartient pas à Air France "d'assumer les décisions de justice ou les décisions administratives". Ils invitent donc la compagnie à suivre l'exemple d'Air Canada qui, lors de son assemblée générale du 30 mai 2006, a adopté une résolution visant à ne plus procéder par vols commerciaux à des expulsions. Une commission a été mandatée et les deux parties, Air Canada et la Canadian border service agency, seraient tombés d'accord pour renoncer à des expulsions sur des vols commerciaux