SOS-Racisme mis en examen pour “diffamation” après une plainte d’un organisme HLM de Saint-Etienne
En décembre 2006, ses membres avaient fait distribué à Saint-Etienne un tract qui débutait par ces mots : “Métropole Habitat poursuivi en justice pour fichage ethnique et discrimination raciale”. Tract faisant allusion à la plainte avec constitution de partie civile que SOS-Racisme avaient déposée, neuf mois plus tôt, contre le bailleur social. D’après l’association, l’office HLM n’avait qu’une “seule volonté” : “Limiter l’accès des étrangers (à son patrimoine).”
Ces allégations faisaient suite à un rapport de la Mission interministérielle d’inspection du logement social qui avait découvert que Métropole Habitat attribuait des logements en fonction de “l’origine ethnique des demandeurs”. Ainsi, une “grille de peuplement” avait été établie dans chaque immeuble de l’organisme pour répertorier “les caractéristiques des logements” et “l’origine ethnique du titulaire du bail”. D’après ce rapport, Métropole Habitat avait également mis au point un “plan stratégique” pour les locations et les relogements dans le cadre d’opérations de rénovation urbaine. Ce document servait “à définir les possibilités d’accueil des familles étrangères extérieures (à l’office)” dans chaque quartier. “Cette manière de procéder (…) conduit à exclure les étrangers de certaines parties du parc”, concluait le rapport.
Or le directeur général de l’office, Laurent Gagnaire, a expliqué que la politique de son organisme visait non pas à “pratiquer une discrimination” mais à “éviter une occupation unique issue de l’immigration (dans certaines cités)”. D’après M. Gagnaire, l’”expérience” a montré que les quartiers sont “rejetés” lorsqu’ils concentrent des “regroupements trop importants de familles de même origine”.
C’est la raison pour laquelle “la connaissance des ménages et notamment de leur origine ethnique est indispensable au respect des équilibres d’occupation”, a-t-il plaidé. Elle vise à combattre l’isolement de “certaines populations” et à favoriser leur intégration. M. Gagnaire a admis que l’office “n’aurait pas dû tenir ce type d’informations”. Mais en même temps, elles ont permis “une politique de rééquilibrage de l’occupation et de mixité sociale”, qui a été saluée par l’ensemble des “partenaires” de Métropole Habitat (Etat, collectivités locales, etc.).
Cet exemple prouve, si besoin en est, que les minorités visibles ne sont nullement sujets à discrimination, comme on l’entend dire à longueur de temps, mais bénéficient bel et bien d’un soutien effectif et ce dans bien des domaines : offices HLM, forum de l’emploi, etc.
Car il s ‘agit ici non d’une politique d’exclusion des familles étrangères du parc HLM mais d’un aménagement visant à les installer dans divers secteurs laissant croire que le nombre de familles d’une nationalité ou origine donnée bénéficiant d’un logement à loyer modéré est moins élevé que ce qu’il est en réalité.
Source: Novopress