Bobigny : le rap qui dérape
BOBIGNY (NOVOpress) - Deux rappeurs qui comparaissent devant le tribunal de Bobigny pour injure publique et diffamation envers la police ? Jusque là rien de bien étrange. Sauf qu’à leurs côtés, sur le banc des accusés, se trouvaient des fonctionnaires municipaux de Bobigny, l’un (Yazid Belouchat) est responsable du service jeunesse, et l’autre (Abdeljalil Dieng) est directeur d’une structure associative…
Le morceau de rap mis en cause était le résultat d’une opération pédagogique (!) menée par la mairie de Bobigny en direction des jeunes d’un quartier. Distribué à quelques quatre mille collégiens, il avait pour but, entre autres, de promouvoir la «citoyenneté», de lutter contre les discriminations, et d’améliorer les rapports entre les jeunes et la police (sic).
Mais les textes visés par la procédure ont de drôles de vertus pédagogiques… Ainsi on trouve un paragraphe dans lequel nos rappeurs entrent dans la peau de policiers et scandent : «c’est pas les petits Noirs et les petits Arabes qui vont commencer à me répondre», ou encore «laisse-le moi enculé, t’as une belle peau enculé, t’as une soeur, j’aime bien les chattes de bougnoule».
Le tribunal a ainsi tenté de savoir si les «fonctionnaires» avaient laissé éditer le CD en connaissance de cause. Ce à quoi il fut répondu par le responsable du service culture qu’il avait «essayé d’ouvrir des espaces de parole». Le responsable associatif mis également en cause a quant à lui répondu que «même si certains des mots sont crus, le projet importait plus que le contenu, et c’était, pour lui, faire acte de censure que de contrôler les paroles». Les rappeurs ont pour leur part fait montre de sincérité et ont signalé à la présidente que : «comparé à d’autres raps, c’était gentil». Certes. en attendant le substitut du procureur s’est interrogé sur la «cohérence» du projet et a réclamé 1.000 euros d’amende aux rappeurs, 1.500 et 3.000 aux fonctionnaires. Le délibéré a été mis au 21 mai. Affaire à suivre.
çà aurait été des français de souche qui aurait fait pareil mais dans le sens inverse, SOS racisme aurait crié au scandale...