Extrême gauche pacifique (4)
Se sortir de la France d'après, c'est rendre des portions de territoire ingouvernables, et ça peut se tenter en manif. Manifs sauvages, sans service d'ordre, sans parcours déclaré aux flics et sans gentils organisateurs.
Manifs offensives, ponctuées d'incendies, de barricades, et qui donnent l'occasion de tomber des vitrines, de se réapproprier collectivement un peu de marchandise, d'attaquer la police. Manifs joyeuses, où ça parle, où la bonne humeur circule, où des solidarités se nouent : de celles qui nous permettront de tenir 5 ans et plus.
Car c'est ça l'enjeu : il va falloir durer, et d'abord faire face collectivement à la répression. Des caisses de solidarité se mettent en place pour payer les avocats, pour permettre aux camarades arrêtés de cantiner quand ils se prennent de la ferme.
Ce sont des solidarités concrètes qui nous permettent d'assumer nos gestes de révolte.
Il va falloir durer parce que de toute façon il n'y aura pas de sortie politique à cette crise : ce bâtard de Sarkozy et la clique qu'il représente ne lâcheront pas l'affaire et ne démissionneront pas comme on retire un article de loi quand la grogne devient trop forte.
La seule victoire possible, c'est celle qu'on construira entre nous dans la lutte ; c'est ce qu'on inventera pour se construire une vie plus collective, hostile au contrôle et à l'exploitation.
Ca veut dire s'organiser en groupes ou en bandes pour penser, voler, bouger ensemble. Ca veut dire s'organiser pour déserter et saboter l'économie, pour attaquer ou se défendre face à la police.
Ca veut dire arracher des lieux (occupation et mise en commun de locaux vides, de facs et de lycées.).
Les cités, les halls d'immeubles, sont des lieux où on peut s'organiser en bandes. Reste à s'organiser entre bandes, à se constituer en force révolutionnaire.
Diffuser l'insurrection en tous points du corps social et nous réapproprier ainsi une vie qui vaille la peine.
source : www.lescommunistes.net